Archives mensuelles : mai 2016

À propos de Pierre Lacerte, juge, censeur et parti

« Quant à Christian Aubry qui tire parti de ces vidéos tournées en toute illégitimité, voici, selon le générique du repiquage qu’il a mis en ligne, les clients (ou commanditaires) de son œuvre! Chapeau, Aubry! À moins qu’il faille désormais dire Kippa! »

Encore un subtil trait d’humour bon enfant du blogueur ultra-laïque d’Outremont, Pierre Lacerte, passé maître dans la pédagogie d’intégration sarcastique et revancharde, les sous-entendus fielleux, les photomontages désobligeants, le non-respect des licences de contenu et, last but not least, les discours antisémites subliminaux, résistant aux tribunaux, certes, mais bien réels pour qui y est sensible ou qui veut bien prendre la peine d’ouvrir les yeux tout en écarquillant ses œillères. C’est regrettable, mais attendu que:

  1. le Juge des petites mécréances d’Outremont  persiste et signe,
  2. qu’il ne publie plus les commentaires et droits de réponse que je lui soumets,

je me vois dans l’obligation de parler ici d’autre chose que d’« amour infini ». Toutes mes excuses à l’innocente brebis égarée en cette page… 😉


Voici donc (à quelques corrections, retouches, ajouts de liens et précisions prêt) le commentaire dont j’ai demandé publication, la semaine dernière, en réponse au dernier opus du très citoyen Pierre Lacerte : LES «DEALERS» DE L’OMBRE — magnifique titre que l’on dirait traduit d’un tabloïd trash londonien!


Le juge Pierre LacerteDroit de réponse, M. le Juge, SVP! Si j’ai signé le modeste montage de cette vidéo (publiée sur ma chaîne Youtube, en passant), c’est pour de multiples raisons. D’abord, par souci de transparence. Ensuite, parce que je n’ai aucune honte à appuyer mes voisins hassidiques dans leur combat, que j’estime légitime, contre l’intégrisme laïque que vous représentez fort bien.

Que cela vous plaise ou non, ces gens-là (comme « ils » disent) existent. Ils sont là, dans notre quartier. Ils ne font de mal à personne, sauf à ceux qui, comme vous, s’auto-flagellent en ne faisant aucun effort pour les tolérer, sauf si on ne les voit pas, on ne les entend pas, s’ils n’observent pas leurs coutumes— bref, s’ils n’existent pas en tant que Juifs hassidiques.

Cette attitude de rejet ne répond pas à mes standards en matière de tolérance, de démocratie et de liberté. À ce compte-là, il me faudrait également endosser le discours des Canadians purs et durs trouvant leurs minorités francophones geignardes et indésirables, d’autant qu’elles s’imaginent (non mais, quelle rigolade!) avoir des droits collectifs au sein d’un Canada uni et anglophone d’un océan à l’autre, à l’exception de son pittoresque village gaulois. Et pourquoi ne pas admettre avec eux, tant qu’à y être (comme votre blogue tend à le suggérer, M. le Juge), que les Québécois sont racistes, antisémites, voire même néofascistes?

Heureusement, nous savons tous deux que ce n’est pas le cas. Alors, désolé, M. le Juge, mais je ne mange pas de ce pain-là.

« En crachant au visage de M. Larin », dîtes-vous…

C’est curieux comme tous ceux dont les idées s’opposent aux vôtres vous semblent belliqueux, méprisants, intolérables… tandis que vous, ô le plus paisible des êtres, votre miroir vous renvoie l’image même de la perfection. Dans chacun de vos pamphlets, il y a pourtant des signes qui ne trompent pas. Par exemple:

« Amy Fish, une femme qui œuvrait au Jewish Eldercare »

Ben coudon! Simple fait journalistique, n’est-ce pas? Pur hasard s’il s’agit d’une femme juive. La généralisation insidieuse découlant de la juxtaposition de cette information avec ce qui suit n’aurait, bien entendu, aucune saveur antisémite. Inutile, donc, d’illustrer votre propos en utilisant un autre ouvrage, comme L’art de se plaindre et de se faire entendre, du psychothérapeute new-yorkais Guy Winch, un nom de famille bien anglo-saxon. Dommage, car cet ouvrage est très instructif et permettrait peut-être de comprendre les jérémiades sectaires des bien-pensants laïques d’Outremont qui n’ont de leçon à recevoir de personne quant à cet art subtil de manipuler l’émotion citoyenne. La convocation  de Mme Fish dans ce billet serait le fruit d’un hasard fortuit basé sur un fait dûment validé? Ben voyons…

« Certains diront que ces hommes en noir n’avaient pas besoin de se farcir cette plaquette puisqu’ils ont mille fois fait la preuve qu’elle coule dans leur sang depuis toujours. »

La conscience du JugeAlors là, bravo! Je peux entendre Jiminy Cricket s’agitant dans votre bocal surchauffé, M. le Juge. « Voyons… Si je me livre à cette affirmation moi-même, je m’expose à l’inacceptable accusation d’antisémitisme — car « dans le sang depuis toujours« , évidemment, c’est bien la stigmatisation de la race. OK, alors je vais commencer par « certains diront que« … Ça, c’est un fait, donc du journalisme, coco, pas de l’antisémitisme de bas étage. Oh que non! 🙂 »

Bref, moi aussi, je persiste et signe, M. le Juge. Et je vous signale que ces captations n’ont, à ma connaissance, rien d’illégal (sinon, expliquez-moi sans tacher votre toge pourquoi elles ont été tolérées), pas plus que les photos que vous preniez vous-même, depuis votre arrière-ban, lors de ces deux consultations… publiques, faut-il le préciser. D’ailleurs, la première captation a eu un heureux effet puisque l’arrondissement a décidé de lever le voile sur la seconde en assurant lui-même, cette fois-ci, sa propre captation. Comme quoi, même ce qui vous défrise peut avoir du bon.

Lieux de culte à Outremont: quel est le problème?

HannukahJ’ai eu l’occasion de m’exprimer publiquement, lors de la consultation publique du 24 mai dernier, au sujet du projet de règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur les deux seules artères commerciales d’Outremont où ils étaient encore autorisés. Limité par le temps, je n’ai cependant pu livrer qu’une toute petite partie du message que j’avais préparé. Je me suis donc restreint à la première partie, plus appropriée au contexte et moins polémique (chat échaudé craint l’eau froide!), mais je tenais à ce que le reste soit connu de nos élus. Je leur ai donc adressé le texte que voici:

Madame la Mairesse,
Mesdames les Conseillères,

Comme vous le savez, nous sommes en 2016. Tous les jours, le monde change un peu plus et je ne crois pas qu’il soit prêt de s’arrêter. Je ne reviendrai pas sur le fond de la question qui nous réunit ce soir, et dont les seules alternatives ont fort bien été présentées, le 1er décembre 2015, ici même, par MM. Jean Larin et Guy Archambault. Les vidéos de leurs deux interventions sont disponibles en ligne, sur Facebook et YouTube. Je parlerai donc de lieux de culte et de revitalisation de nos artères commerciales :

1) En ce qui concerne la rue Laurier, il y aurait pas mal de travail de pédagogie à faire pour me convaincre qu’il y a là, aujourd’hui, un problème. Les commerces de luxe et semi-luxe abondent dans cette rue et ses restaurants ne donnent pas l’impression d’être à l’abandon. Ce n’est pas l’ouverture éventuelle d’une ou deux synagogues qui pourraient les mettre à mal, surtout si vous légifériez de façon intelligente, concertée avec la seule et unique communauté religieuse réellement visée, sur la façon de le faire adéquatement.

2) En ce qui concerne la rue Bernard, l’activité commerciale y semble à peine moins prospère, mais il est tout de même notable que plusieurs commerces sont fermés et que certains d’entre eux semblent moins achalandés que d’autres. À qui la faute? À la présence de la communauté hassidique dans cette rue ou dans le quartier? Allons donc!

Sous l’effet d’une inflation foncière qui ne fait l’affaire que des propriétaires déjà établis sur le marché, il est de notoriété publique que les jeunes familles sont nombreuses à délaisser les centre-villes pour la banlieue. Nous sommes également nombreux à avoir pris l’habitude de fréquenter les grandes surfaces et centres d’achat qui ne pullulent pas dans notre quartier. Voilà qui n’aide pas vraiment le commerce local.

Enfin, Internet et les réseaux sociaux nous fournissent maintenant tous les outils permettant de comparer les prix d’un magasin et d’un quartier à l’autre, voire à acheter nos produits non essentiels en ligne, sur Amazon, sur eBay, et à nous les faire livrer du Canada, des États-Unis, de Chine ou d’ailleurs. Croyez-moi, on ne s’en prive pas.

Bref, si votre intention est réellement de dynamiser le commerce sur ces deux rues, je pense qu’il y a bien d’autres actions plus prioritaires à imaginer. Quelques exemples :

  • Créer des zones de stationnement automobile de moyenne durée abordables, nombreuses et faciles d’accès à proximité des zones commerciales.
  • Accueillir à bras ouverts les auto-partages et les stations de Bixi (même si celles-ci font un peu de bruit au pied des immeubles : il faut choisir entre l’achalandage et la tranquillité absolue).
  • Accroître l’autre mixité de la zone Bernard en travaillant à l’ouverture d’un ou deux nouveaux lieux culturels (cinéma répertoire, café-théâtre, bar-discothèque, petit musée, etc.) qui appuieraient et diversifieraient la mission jusqu’ici dévolue au seul Théâtre Outremont.
  • Créer un mini-festival de musique ou autre dans le Parc St-Viateur afin d’amener de nouveaux publics dans notre quartier et leur en faire découvrir les attraits.
  • Et un dernier, un peu plus fantaisiste : réquisitionner tout un bloc et le confier à un promoteur qui le transformerait en grand centre d’achat « Quartier Outremont » capable de rivaliser avec le futur complexe Quinze40. Voilà qui ferait marcher le commerce!!! 😉

Je n’ai pas la prétention, ceci dit, d’apporter de solution miracle à la question des rues commerciales. Ce que je sais, c’est que la communauté juive hassidique n’est en rien responsable des difficultés que peuvent connaître les commerces de détail de notre arrondissement, de toute évidence partagés par la plupart des rues commerçantes de la ville.

Ce que je sais, c’est que l’identité canadienne-française a survécu à 350 ans de conquête grâce à son très haut taux de natalité. Ce taux a drastiquement chuté au cours des dernières décennies, mais pas dans les communautés hassidiques qui, effectivement, d’ici 20 ou 30 ans, seront très probablement présentes dans notre quartier en plus grand nombre qu’aujourd’hui. Ce n’est pas en brimant leurs moyens d’exercer leurs pratiques religieuses à la fois dans les zones résidentielles et les zones commerciales que vous repousserez cette réalité.

Que cela nous plaise ou non, cette population à l’identité affirmée a besoin de lieux pour vivre, pour prier, pour éduquer ses enfants et pour magasiner. Que cela nous plaise ou non, elle est maintenant fermement implantée dans le quartier et prospère sans trop de difficultés de l’autre côté de la frontière, fort heureusement poreuse, séparant Outremont du Plateau. Je ne crois donc absolument pas qu’elle quittera Outremont sans mener toutes les batailles médiatiques, légales et civiques qu’elle jugera nécessaire pour y conserver ses droits fondamentaux, reconnus par les chartes municipale, nationale, fédérale et internationales.

Aussi étrange que cela puisse paraître, plus vous tenterez de contenir par la force la croissance naturelle de cette population, plus elle recevra de support de l’extérieur. Il ne vous restera plus qu’à choisir entre la déportation pure et simple, en banlieue ou ailleurs, et le ghetto religieux, solution détestable à laquelle vous nous conviez présentement avec votre promesse d’ouvrir, plus tard, une étroite zone aux lieux de culte à l’extrême pointe nord-est de l’arrondissement.

Il est encore temps de choisir une autre voie : celle de la concertation citoyenne réaliste, ouverte, intelligente. Merci.

Zonage des nouveaux lieux de culte à Outremont (2016)

Une vision citoyenne des lieux de culte à Outremont

Voici un extrait de la consultation publique du 1er décembre 2015 sur le projet de règlement municipal interdisant les lieux de cultes sur les artères commerciales de l’arrondissement d’Outremont. Rappelons que la création de nouveaux lieux de culte y est déjà interdite partout ailleurs.

M. Guy Archambault, résident d’Outremont, ancien diplomate du Service extérieur canadien et ancien membre du Comité consultatif sur les relations intercommunautaires de l’arrondissement, exprime une approche réaliste mais respectueuse des droits fondamentaux, de la diversité culturelle et des intérêts de tous les Outremontais (car je pense qu’ils y gagneraient tous) face à cette question. C’est celle que la communauté hassidique et Les Amis de la rue Hutchison demandent aux citoyens de promouvoir et de défendre, au Conseil d’arrondissement comme dans cette pétition.

Une vision sectaire des lieux de culte à Outremont

Voici un extrait de la consultation publique du 1er décembre 2015 sur le projet de règlement municipal interdisant les lieux de cultes sur les artères commerciales de l’arrondissement d’Outremont. Rappelons que la création de nouveaux lieux de culte y est déjà interdite partout ailleurs.

M. Jean Larin, résident de l’arrondissement, ancien journaliste et directeur exécutif de Radio-Canada International, exprime un point de vue littéralement « sectaire » envers la minorité hassidique. Ce faisant, il révèle l’enjeu sous-jacent d’un projet de règlement qui, sans le dire ouvertement, vise à stopper l’expansion de cette communauté dans le quartier. Madame la Mairesse Marie Cinq-Mars doit s’y reprendre à deux fois pour l’arrêter, s’évertuant à balayer sous le tapis ce message tout en exprimant son admiration pour le messager.

J’aurais bien aimé qu’elle me gratifie de son admiration, moi aussi, en 2014… 😉